Aujourd’hui, c’est la Journée internationale du bonheur. Et en plus je sais pas par chez vous, mais ici il fait un soleil radieux !

Alors forcément, ça donne envie de sourire, de poster une jolie citation sur Instagram, voire de manger un carré de chocolat en se disant que c’est thérapeutique (ce qui, soyons honnêtes, dépend…. du nombre !).

Mais si on s’arrêtait deux minutes ? Parce que derrière ce mot “bonheur” et surtout sa quête, il y a souvent une pression invisible, presque une injonction (eh oui c’est paradoxal !) : celle d’être heureux. Tout le temps. Comme si c’était un objectif à atteindre, une case à cocher, un niveau à débloquer.

Et si, justement… c’était ça le problème ?

 

Le bonheur : une injonction moderne bien emballée

 

On vit dans une époque un peu paradoxale : d’un côté, on n’a jamais autant parlé de bien-être, de développement personnel, de santé mentale (et c’est pas moi qui vais m’en plaindre évidemment !) ; et de l’autre, on n’a jamais autant eu l’impression de ne pas être “assez heureux”, en tout cas c’est ce que j’entends chaque semaine en séance ! Comme dirait le grand philosophe Christophe Maé , il est où le bonheur ?  Alors à défaut de répondre à la question il est où, on va essayer de répondre à la question : pourquoi ?!

« Pourquoi  on est malheureux de ne pas être plus heureux? » me direz-vous. (oui je sais c’est paradoxal, c’est ça le truc!)

Parce que le bonheur est devenu une norme :

  • Il faut aimer son corps
  • Il faut manger “sainement”
  • Il faut être épanoui au travail
  • Il faut être serein, aligné, équilibré (et si possible avec une peau lumineuse !)

Bref, il faut aller bien et vite si possible !

Résultat ? Bah quand ça va bof ou pire quand ça ne va pas, eh bah on s’en rajoute une couche : c’est pas bien de ne pas aller bien, il faut être heureux et donc on (se) culpabilise en plus ! Super ! (Double peine. Merci, mais non merci.)

 

Et dans les TCA, ça donne quoi ?

 

Dans les troubles du comportement alimentaire (TCA), cette pression au bonheur prend une forme un peu particulière ; le bonheur est souvent conditionnel : « Je serai heureuse quand j’aurai perdu du poids » », « Je me sentirai bien quand je mangerai parfaitement », « Je m’aimerai quand mon corps sera enfin acceptable », etc. (liste non exhaustive !)

Autrement dit : le bonheur, c’est toujours… plus tard et aussi et surtout conditionnel, c’est-à-dire si … !

Sauf qu’on recule ce  « plus tard » en permanence ; bref on attend, souvent passivement, d’être un jour, peut-être heureux…

En fait derrière, il y a une illusion : celle qu’on peut contrôler son corps pour enfin contrôler ses émotions., et peut -être ainsi contrôler sa vie et enfin devenir heureux ! Comme si le bonheur était conditionné au contrôle ?!

(Spoiler : ça ne marche pas comme ça !)

 

Le bonheur, ce n’est pas un état permanent

 

C’est probablement la chose la plus importante à rappeler aujourd’hui ; le bonheur n’est pas un état stable, ce n’est pas une destination, et encore moins une obligation ! C’est une émotion, comme les autres. Et une émotion, par définition, ça passe ! (CQFD)

Vouloir être heureux tout le temps, c’est un peu comme vouloir que le soleil brille 24h/24. C’est agréable sur le papier… mais ça ne correspond pas à la réalité. Et surtout, ça empêche d’accueillir le reste : la fatigue ; la tristesse, la  nostalgie, le doute, la frustration…

Or, ce sont aussi ces états-là qui nous permettent de nous ajuster, de comprendre ce qui se joue, et parfois… d’aller mieux. (CQFD)

 

Et si on changeait de définition ?

 

Et si, au lieu de chercher le bonheur, on cherchait autre chose ? Quelque chose de plus simple, de plus accessible, de moins parfait … Comme un peu plus d’indulgence envers soi, un peu moins de culpabilité, un peu plus de gentillesse et d’acceptation de ce que nous sommes, un peu moins de contrôle, etc.

 

Une autre façon de voir les choses

 

Et si le bonheur n’était pas le Graal… mais plutôt un bénéfice secondaire ? Vous savez, un peu comme ces moments où on rigole sans s’y attendre, où on se sent apaisé sans raison particulière, où l’on mange sans culpabilité (ssi ssi, ça existe !) et où l’on se surprend à aller… juste un peu mieux …

Alors oui ce ne sont pas des moments spectaculaires, mais ce sont souvent les plus vrais !

 

Alors aujourd’hui, pour la Journée internationale du bonheur, toi qui lis cet article tu peux bien sûr essayer d’être heureux(se). Mais tu peux aussi faire quelque chose de beaucoup plus intéressant : arrêter de te forcer, de (re)chercher à être encore plus heureux, encore plus mince, encore plus, toujours plus … Et si à la place tu respirais un bon coup, et t’essayais de te ficher la paix ,de  respirer et enfin accepter que le bonheur n’est pas la destination mais que c’est le voyage !

Parce que, paradoxalement… c’est souvent comme ça qu’il finit par arriver 😉

 

Je vous souhaite amis lecteurs, plein de bonheur et pas que pour aujourd’hui !