Lundi, le 1er septembre, c’était la journée mondiale du SOPK. Un syndrome qui touche 1 femme sur 10, souvent méconnu, et qui pourtant aura un impact sur les troubles alimentaires, le poids et l’alimentation.
En effet le SOPK, ou syndrome des ovaires polykystiques, c’est un peu comme cet invité (collant, c’est le cas de le dire !) qui s’installe dans ta vie (et dans ton corps) sans prévenir et surtout, sans repartir. Invisible pour beaucoup, mais terriblement pesant (c’est aussi le cas de le dire !) pour celles qui en souffrent. Et spoiler 😏 : ce n’est pas « juste » un problème de « kystes » comme on l’entend encore trop souvent. A défaut de pouvoir supprimer le SOPK, commençons déjà par supprimer les idées fausses et/ou réçues à son sujet.
SOPK, késako ?
Le SOPK est un trouble hormonal fréquent qui touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer. Malgré sa fréquence, il reste encore largement sous-diagnostiqué.
Les signes les plus connus ?
- Des règles irrégulières ou absentes.
- Un excès d’androgènes (ces hormones dites « masculines ») pouvant entraîner acné, pilosité excessive ou chute de cheveux.
- Des ovaires qui présentent de nombreux follicules visibles à l’échographie (d’où le terme « polykystiques » CQFD).
- Une résistance à l’insuline (pouvant amener à un problème de surpoids)
Mais attention, toutes les femmes avec SOPK n’ont pas forcément tous ces symptômes : il existe plusieurs formes, ce qui rend parfois le diagnostic aussi clair qu’un ciel de novembre, c’est-à-dire difficile et ombragé !
Quand le SOPK chamboule la vie quotidienne
Le SOPK, ce n’est pas qu’une « histoire de règles » non plus. Il peut impacter bien plus largement, toutes les sphères de la vie :
- Difficultés de fertilité, parfois vécues comme une épreuve douloureuse.
- Troubles métaboliques : résistance à l’insuline, prise de poids, augmentation du risque de diabète de type 2.
- Santé mentale : anxiété, dépression, faible estime de soi, en particulier quand les symptômes physiques (acné, pilosité, surpoids) se confrontent au miroir… et aux standards de beauté absurdes imposés par la société.
SOPK et troubles alimentaires : un cercle vicieux méconnu
C’est une dimension dont on parle encore trop peu : le SOPK peut augmenter le risque de développer des troubles du comportement alimentaire. Pourquoi ?
- Parce que la prise de poids liée à la résistance à l’insuline peut devenir une source de honte et de restriction alimentaire.
- Parce que les injonctions médicales du type “il suffit de maigrir” (merci Dr 🙃) peuvent déclencher une spirale de régimes yoyo, frustrations et compulsions.
- Parce que l’acné, la pilosité ou les cycles irréguliers attaquent directement l’image corporelle, nourrissant l’hypercontrôle alimentaire ou au contraire les excès.
Résultat : certaines de mes patientes oscillent entre restriction extrême, hyperphagie ou crises de boulimie, avec à la clé une culpabilité écrasante.
Le SOPK ne « provoque » pas forcément un TCA, mais il crée un terrain fertile où la relation à la nourriture et au corps peut vite devenir toxique.
En quoi un suivi psy peut aider ?
On l’oublie souvent, mais le SOPK n’est pas seulement non plus une affaire de bilans sanguins et de prescriptions médicales. C’est aussi une épreuve psychologique.
Un suivi avec un psychologue peut aider à :
- Apaiser la relation à la nourriture : sortir des régimes à répétition et retrouver une alimentation plus intuitive et sereine.
- Rebâtir l’estime de soi : travailler sur l’image corporelle abîmée par les symptômes (acné, pilosité, poids).
- Gérer l’anxiété et la dépression : souvent présentes mais invisibles derrière la façade du “tout va bien”.
- Déconstruire les injonctions sociales et médicales : remettre en question les « il faut maigrir » ou « il faut être parfaite » qui alimentent la souffrance.
- Redonner du sens et du pouvoir d’agir : parce qu’on ne choisit pas d’avoir un SOPK, mais on peut choisir comment on vit avec.
En clair, un psy ne fait pas disparaître le SOPK (désolée, je n’ai pas ce superpouvoir… ouai je sais c’est dommage !), mais il aide à retrouver un équilibre émotionnel et relationnel pour mieux traverser la tempête.
En conclusion, en parler c’est lever le tabou, enfin !
La Journée mondiale du SOPK, c’est l’occasion de rappeler que non, ce n’est pas “dans la tête”, et que non, ce n’est pas juste une excuse pour ne pas avoir ses règles.
C’est un vrai syndrome, avec de vraies répercussions, et qui mérite toute notre attention.
Alors aujourd’hui, pensons à toutes ces femmes qui jonglent avec leurs hormones comme d’autres avec des assiettes de cirque. Et rappelons-nous que le meilleur traitement, au-delà des prescriptions médicales, c’est aussi la compréhension, la bienveillance et le soutien psychologique envers soi-même.