Imagine : tu commandes un gâteau pour ton anniversaire, tu rêves déjà de bougies, de crème, de chocolat, de la fête avec ta famille et tes amis… et tu découvres que les pâtissiers, au lieu de parler de génoise, te traitent de « cachalot » et se demandent si tu vas « exploser demain ». Merci pour l’ambiance festive les gars !
C’est ce qu’a vécu Harmony Albertini, influenceuse, qui a décidé de transformer l’humiliation en combat. Résultat : une pétition citoyenne pour que la grossophobie soit enfin reconnue comme une infraction dans la loi française.

 

  1. La goutte de trop ou la cerise (de trop !) sur le gâteau

 

Harmony Albertini n’est pas une inconnue : elle partage sa vie sur les réseaux, ses joies, sa philosophie de vie, son livre sur l’amour, ses bons plans fringue curvy, ses coups de gueule etc…. Mais quand elle a découvert les insultes grossophobes lancées par des pâtissiers à son encontre, l’affaire a pris une tournure inattendue.
Elle tente alors de porter plainte. Refus : selon les autorités, les propos n’étaient « pas directement adressés à elle ». En gros (sans mauvais jeu de mots), si on t’insulte mais que c’est dit derrière ton dos (ou ton écran), ce n’est pas grave ! Aberrant !

 

  1. La pétition : quand les mots font loi

 

Ni une ni deux, Harmony lance une pétition officielle sur le site de l’Assemblée nationale :
 « Pour la reconnaissance de la GROSSOPHOBIE dans la loi française ».

L’objectif ? Atteindre 100 000 signatures pour qu’un député puisse reprendre le texte et l’amener dans l’hémicycle.  Elle a déjà rendez-vous ce mercredi à l’assemblée et souhaiterai obtenir au moins 30 000 signatures, à l’heure actuelle elle en a déjà obtenu 29 250 donc on compte sur vous pour faire le poids (toujours sans mauvais jeu de mots ! )
Le message est clair : la grossophobie, ce n’est pas « une blague de mauvais goût », c’est du « racisme anti gros » « anti-corps différent », une discrimination qui fait des dégâts psychologiques, sociaux et parfois même médicaux.

 

  1. Grossophobie, késako ?

 

Petit rappel (parce que ce mot est encore trop souvent mal compris) : la grossophobie, c’est l’ensemble des moqueries, discriminations et jugements liés au poids.

  • Dans les mots : les insultes, les blagues lourdes (sans jeu de mots).
  • Dans la vie quotidienne : l’entretien d’embauche qui s’évapore mystérieusement, le médecin qui réduit tout problème de santé à « il faudrait maigrir », la mode qui s’arrête au 44.
    Bref, c’est un peu comme si ton corps devenait ton CV : on le lit avant de t’écouter.

Par exemple, pour ma part quand je faisais 120 kg une vendeuse m’a regardé de haut en bas en me disant « : « ici il n’y a rien pour vous » ou quand je venais de perdre 45 kg et que j’étais enceinte de 7 mois de ma fille un échographe m’a dit : « avec tout ce gras c’est difficile de voir le bébé, vous avez déjà pensé à perdre du poids ? », nombre de fois où je suis allée chez le médecin pour un rhume ou une otite et j’en ressortais avec un régime ou l’adresse d’une cure d’amaigrissement …

Vous pouvez vous aussi laisser en commentaire votre expérience de mesquinerie sur la page Instagram d’Harmony Albertini ici 

 

  1. Et la loi dans tout ça ?

 

En France, certaines discriminations sont déjà reconnues : origine, genre, orientation sexuelle, handicap… Mais le poids, lui, reste un angle mort juridique.
Résultat : une personne insultée ou discriminée pour son apparence corporelle a peu de recours légaux. On peut toujours tenter la carte « atteinte à la dignité », mais ça reste flou et rarement appliqué.
C’est là qu’Harmony et ses soutiens insistent : il est temps d’inscrire noir sur blanc que le corps ne doit pas être un motif légal d’humiliation.

 

  1. Pourquoi ça divise ?

 

Soyons honnêtes : une telle reconnaissance légale ne fait pas l’unanimité.

Les arguments pour :

  • Donner une vraie protection aux personnes concernées.
  • Envoyer un signal social fort : la grossophobie n’est pas tolérable.
  • Créer une cohérence avec les autres formes de discrimination.

 

Les réticences :

  • Comment définir « grossophobie » sans tomber dans l’excès (toute remarque sur le poids n’est pas une insulte) ?
  • Risque d’engorger la justice : entre les réseaux sociaux et les repas de famille, on n’a pas fini d’entendre « Objection, votre honneur ! »
  • Le changement ne peut pas reposer uniquement sur une loi : il faut aussi éduquer, sensibiliser, changer les mentalités.

 

  1. Et maintenant, on fait quoi ?

 

La pétition poursuit son chemin, les signatures s’accumulent, et le débat prend de l’ampleur. Même si elle n’atteint pas le seuil des 100 000, elle a déjà réussi une chose : mettre la grossophobie sur la table, entre la salade de fruits et le gâteau au chocolat.
Et surtout rappeler une évidence : ce n’est pas le corps des personnes grosses qui pose problème, c’est le regard des autres.

 

Oui, c’est un combat qui nous concerne tous

 

 

Que tu sois en lutte avec ton poids, que tu aies déjà subi une remarque assassine à Noël, ou que tu sois témoin silencieux de ce genre de propos, tu es concerné·e.
La grossophobie n’est pas une affaire privée : c’est un problème collectif. Et comme souvent, il faut des voix courageuses, comme celle d’Harmony Albertini, pour secouer les consciences.

Si tu penses, toi aussi, qu’aucun corps ne mérite d’être réduit à une insulte, alors prends deux minutes pour signer cette pétition ici. C’est un geste simple, mais qui peut « peser lourd dans la balance » 😉 : faire entrer la grossophobie dans le champ de la loi, et envoyer un signal clair à toute la société.

Parce qu’au fond, ce n’est pas le poids des personnes qui pose problème, c’est le poids des regards qu’on porte sur elles. CQFD