Septembre, c’est un peu comme un lundi…

On veut tout changer, on veut effacer les kilos pris l’été, on veut s’inscrire au sport, on veut commencer un nouveau régime (Tiens, pourquoi pas le Kéto ?… en espérant que le régime soit aussi mignon que son petit nom), et pourquoi pas commander des Box qui se disent « minceur »…

Bref, c’est l’envie de re-nouveau !

En fait la réalité risque d’être moins fun : en voulant tout changer, et tout d’un coup, bah en fait on va rien changer du tout…. Pire : on va répéter le cycle frustration/compulsion…

Alors vouloir tout bouleverser en septembre est-ce une si bonne idée que ça ? Pas sûr…

 

POURQUOI ON CHOISIT SEPTEMBRE ?

 

En été, on a perdu nos repères du quotidien : on faisait la grasse mat, on mangeait quand on voulait et ce qu’on voulait ; généralement trop gras, trop sucré et trop salé (comme la pub à la tv qui dit de pas le faire justement…)

Donc sans surprise, la fin des vacances, la fin de l’été coïncident avec une éternelle décision : « Demain j’arrête ! »

 

POURTANT, SEPTEMBRE N’EST PAS LE MEILLEUR MOMENT

 

Oui c’est vrai septembre, c’est symbolique comme date ; c’est le début d’une nouvelle année scolaire, de nouvelles activités sportives et/ou culturelles…

Mais on va pas se mentir, entre vider les valises, les réunions du travail, les rendez-vous avec les maîtresses, les courses, les inscriptions au judo/danse, les visites chez le médecin pour les certificats médicaux, courir chercher le petit dernier à la crèche…. Bref, c’est le rush et la tête dans le guidon …

En vacances, vous avez dormi, vous vous êtes reposé, vous étiez calme et au calme, le temps était en suspend… Et tout à coup, vous êtes dans la frénésie de la reprise et à peine rentré, vous voilà déjà fatigué… (c’est ballot !) En plus c’est bien dommage car c’est justement quand on est fatigué qu’on a le plus besoin de nourriture, qui mieux est les plus grasses et les plus sucrées pour avoir de l’énergie… Et enfin dernier argument et non des moindres : quand on est fatigué ce n’est pas le moment où on est le plus à même de supporter les restrictions, les efforts physiques, la frustration…

Alors, je vous re-pose la question : septembre est-elle la meilleure période de l’année pour s’engager à bouleverser son quotidien et son alimentation ? Mouai, bof….

 

POURQUOI COMMENCER UN REGIME EN SEPTEMBRE, C’EST SIGNER SON ECHEC ?

 

« AVANT je faisais / mangeais ça, mais à partir de MAINTENANT croix de bois, croix de fer, c’est fini ! » ou encore « Bon, maintenant j’arrête mes bêtises, je vais tout changer je le jure » …

Tenir ce genre de discours, c’est dangereux car c’est entretenir le principe du TOUT ou RIEN

Soit je fais tout, soit je fais rien, sois je mange tout, sois je mange rien, soit le fais tout bien, soit je fais tout mal…. Bref, cela ne vous mènera à TOUT plein de comportements déviants, RIEN de bon ça c’est une certitude ; vous ne ferez qu’entretenir vos mauvaises habitudes alimentaires… Pire, cela vous en créera même de nouvelles … mauvaises !

 

OUI, MAIS ON LE FAIT QUAND MÊME… POURQUOI ?

 

Parce qu’on veut changer pardi !

Bon aussi, parce qu’on a un peu/beaucoup pris de poids cet été…

En fait, commencer un régime en septembre, c’est un peu comme un lundi ; c’est s’assurer de tomber dans le cercle vicieux et infernal :

Début du mois : la motivation est gonflée à bloc, on est super concentré, limite heureux ! (j’ai dit limite…) ; on suit à la lettre les préceptes du régime qui a reçu nos faveurs du moment (sans gluten, fasting, cétogène, sans sucre, bref tout ce qui est sans quelque chose ) Et puis les jours passent, la fatigue du retour à la vie quotidienne se fait sentir ; et les restrictions commencent à être de plus en plus difficiles à tenir…

Sans oublier qu’on espère passer de Barbecue / Rosé / Glace à Courgettes vapeur / Cabillaud à l’eau / Fromage blanc avec le sourire (non mais c’est une blague ou quoi ?!)

La vérité c’est que la plupart de ces régimes sont si différents de notre vie quotidienne, de nos goûts, de nos envies (parfois de nos besoins), que nous les abandonnons au bout de quelques jours ou quelques semaines. Plus il y aura de restrictions, plus il y aura de frustrations, plus il y aura de craquages…

Démonstration :

Je veux maigrir donc je me restreins donc je suis frustrée donc je craque donc je suis déçue / afffamée / déprimée (rayer la mention inutile si tant est qu’il y en ait une) donc je suis pas bien donc je mange pour oublier donc je grossis donc Je veux maigrir …. Et ainsi de suite….

 

ALORS QUOI FAIRE ? QUELQUES PISTES…

 

A ce stade de la réflexion, vous devez vous dire : « Ok,Karen, mais on fait quoi alors ? On fait tout (aucun rapport avec le matériel de cuisine hein !) ou on fait rien ?…. »

  • Au lieu de fonctionner en mois (septembre, janvier, date anniversaire), dîtes-vous que chaque jour est l’occasion d’entamer une alimentation équilibrée : un an, c’est 365 jours où il est possible de changer… ça ne s’arrêtera pas au 31 du mois ! Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle !
  • Ne vous mettez pas la pression : si vous voulez changer, rien ne vous en empêchera ! Transformer une mauvaise habitude en une meilleure prend et prendra du temps…. Donc pas d’affolement si certains comportements continuent de perdurer les premiers temps, ils partiront au fur et à mesure… chaque chose en son temps !
  • Viser le long terme : prendre son temps, c’est s’assurer que les comportements s’installeront, se consolideront, seront acquis… le but c’est que tout changement soit définitif… pas à refaire en janvier !
  • Sortir du raisonnement en Tout ou Rien : changer, c’est progressif. Dîtes vous que vous êtes un thermomètre ! (oui je sais, ça a l’air bizarre dit comme ça…) Je vous explique : un thermomètre n’affiche pas CHAUD ou FROID, il indique des degrés ! Si pour vous côté alimentaire, c’est « chaud » en ce moment, le but c’est de refroidir graduellement !
  • Soyez réaliste sur vos objectifs, vos attentes… Fragmentez les en étapes, comme des degrés à regagner petit à petit
  • Rappelez-vous qu’il est impossible d’avancer sans commettre d’erreurs donc soyez indulgent envers vous-même. Plutôt que d’abandonner au premier craquage, essayez d’en tirer des leçons et ré-essayez !
  • The last but not the least : souvenez-vous que la clé de votre réussite ne tient pas à la rentrée mais uniquement à vous et votre motivation ! Le plus important ce n’est pas qu’on est en septembre, LE PLUS IMPORTANT, C’EST VOUS !

 

En conclusion, vouloir améliorer les choses c’est bien !

Prendre des résolutions/décisions à la rentrée peut s’avérer utile pour prendre un bon départ, cesses de mauvaises habitudes, etc.

Oui, MAIS … (eh oui, il y a un mais !)

A condition de ne pas s’en vouloir si on ne les tient pas et/ou pas tout de suite !

Car si les résolutions tirent vers le haut, elles nous mettent aussi parfois en situation d’échec ; ce qui créera de la culpabilité et entâchera notre estime de nous.

Tout changement n’est pas sans risque de petits ratages… s’imposer d’avoir mis tout en place à la fin du mois est despotique, anxiogène et… impossible !

L’échec n’est pas le contraire de la réussite, il en fait partie : le tout c’est de l’accepter !

C’est votre conception du changement qui doit changer !

Avant de changer le contenu de votre assiette, changez votre manière de réfléchir !

Essayez, et vous me direz … ?

 

Photo : alexas_Fotos de Pixabay